Méditation : Jeudi 21 Mai 2020

L’Ascension du Seigneur

L’espérance au cœur

Chers amis,
Bienvenue en cette fête où nous unissons à nouveau nos pensées et nos prières. Nous fêtons ce jeudi l’Ascension du Seigneur. On sera peut-être surpris de lire deux récits différents de l’événement. Loin d’être des reportages, ces récits tentent en réalité, à travers des images et quelques paroles, de rendre compte du sens qu’a pris pour les disciples la disparition à leurs yeux, désormais définitive, de Jésus ressuscité. Cela nous rejoint aujourd’hui. Bon dimanche !

Bernard 

Proposition
– Allumer une bougie, se recueillir quelques minutes : Dieu est là.
– Lire l’extraordinaire prière de Paul dans la 2ème lecture du jour (Eph 1,17-20)… la faire nôtre… puis les deux récits de l’Ascension de Jésus : selon Luc (1ère lecture : Actes
1,1-11) et selon Matthieu (Evangile : 28,16-20).
– A partir de la méditation, seul ou en partage : qu’est-ce que cette fête, avec les lectures proposées, fait bouger en moi ?
– Prier pour demander l’espérance pour nous, pour les hommes de notre temps.

Méditation
Depuis 40 jours, la foi des disciples est mise à rude épreuve. Le désarroi d’abord, à la mort de Jésus leur maître et ami, et l’effondrement de l’espérance qu’ils avaient mise en lui. Puis, le rencontrant ressuscité – c’était bien lui, mais tellement autre pourtant -, une amitié retrouvée, si intense, et une telle joie ! Or maintenant Jésus les quitte, pour de bon. Que se passe-t-il donc ? Qu’en comprennent-ils ? Cela doit avoir de l’importance pour nous aujourd’hui.
Loin d’être la fin d’une histoire, la « montée de Jésus au ciel » dit en réalité, ils le pressentent, un accomplissement et un avenir. Jésus est entré dans cet autre côté invisible du monde, celui de son Père. Il en est venu, il y retourne. Tout ce qu’il a dit et fait dans sa vie humaine, que l’on trouve dans les évangiles, est donc confirmé par  son Père : c’était œuvre divine. Jésus vit maintenant de la vie de Dieu, le voici Christ et Seigneur. Plus : le ciel est donc ouvert puisqu’il y est entré. Les disciples se trouvent comme happés par la destinée de leur maître. Ils font corps avec lui : donc, là où la tête est passée, le corps passera. Ils voient ainsi l’avenir prodigieux qui leur est offert : la vie des hommes promise au ciel, la vie de Dieu offerte à tous. Révélation bouleversante ! Il nous faut puiser, dans la contemplation du mystère, l’espérance de l’avenir offert désormais à chacun de nous, à ce monde : entrer nous aussi avec le Christ Jésus en résurrection.

Retour sur terre : les disciples éprouvent une présence de Jésus toute nouvelle, invisible
mais toute intérieure, si intense. Leur cœur est plein de lui. On comprend leur joie. C’est comme un souffle qu’ils ignoraient, une respiration qui les emplit de vie. Jésus l’avait promis… son esprit ! Il va leur falloir s’accoutumer, se laisser habiter. Présence si délicate de ce temps d’avant la
Pentecôte, si forte bientôt quand elle les emportera. « Il est bon pour vous que je parte », disait-il. Oui, les voici debout, confiants, capables de marcher tout seuls, parce qu’habités…

Alors ils se découvrent responsables. « Vous serez mes témoins », leur disait-il. Témoins de l’amour qui accueille, pardonne, sauve, relève, comme il ont vu faire leur maître sur les routes de Galilée. C’est par eux désormais qu’il poursuivra son œuvre. Et puis : « Faites des disciples, baptisez-les ». Bien plus que le rite du baptême, cela veut dire : « Allez à la rencontre de tous les hommes que Dieu aime. Faites-leur découvrir l’océan
de vie, de liberté, d’amour de mon Père… puissent-ils s’y plonger pour leur joie ! » Oui, le Christ nous envoie pour être sa présence continuée dans le monde, son corps désormais, agissant en son nom parmi les hommes, prononçant les paroles qui délivrent, accomplissant les gestes qui sauvent…
Nous voici donc, avec la fête de ce jour, convoqués à entrer en grande espérance pour ce monde et à mieux prendre conscience de la responsabilité que Jésus nous confie : continuer l’œuvre qu’il a commencée. Nous nous sentons bien pauvres ?
Qu’importe, nous avons la promesse du Ressuscité : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Petite parabole en guise d’envoi

Quand le Christ ressuscité est en train de monter au ciel,
il baisse les yeux vers la terre et la voit plongée dans
l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur la ville de
Jérusalem. En pleine ascension, il croise l’ange Gabriel
qui lui demande : « Que sont ces petites lumières ? » 
« Ce sont les apôtres groupés autour de ma mère ; et
mon plan, à peine rentré au ciel, est de leur envoyer
l’Esprit Saint pour que ces petits feux devienne un grand
brasier qui enflamme d’amour la terre entière ». L’ange
ose ajouter : « Et que ferez-vous si ce plan ne réussit
pas ? » Après un instant de silence, le Seigneur réplique :
« Je n’ai pas d’autre plan. »

Méditation : Dimanche 17 Mai 2020

« Pour rendre compte de l’espérance qui est en nous » 1ère Pierre 3,16
A la Une de Var matin, lundi 11 mai : « Enfin libres ? » Sur la photo, deux jeunes adultes sautant de joie sur une plage.
Enfin libres… pour rattraper le temps perdu ? Ou bien pour commencer à vivre avec plus d’intensité à la manière de Jésus qui nous donne son Esprit pour que nous aimions nos frères et sœurs ? En donnant notre vie. Je vous propose quelques réflexions sur l’écoute de la Parole, trouvées dans un excellent livre de Sr Anne Lécu, dominicaine, théologienne et médecin en milieu carcéral : « Ceci est mon corps » Le Cerf 2018. Je vous le recommande. Il vous aidera à vivre l’Eucharistie.
Viendront ensuite un écho aux deux lectures. Puis une invitation à se demander ce qu’aimer veut dire. Enfin une proposition pour méditer l’Evangile.

Olivier

Entendre la Parole
« La Parole se donne à entendre. Elle rejoint chacun, là où il est, au cœur des questions qu’il porte. Et la Parole fait résonner ces
questions dans toute leur force : qu’est-ce qui dans ma vie est vivant ? Est-ce que c’est bien vrai que Dieu l’irrigue ? Est-ce que
c’est vrai pour aujourd’hui, pour nous ? Ce n’est pas facile d’écouter à fond. D’écouter pour entendre. C’est pour cela que le
pardon des péchés vient avant : afin de dégager la place pour la Parole. Qu’elle soit audible. Que nos oreilles soient nettoyées. Ce n’est pas facile et pourtant c’est donné. Un jour on entend. Peut-être une seule fois dans sa vie. Mais cela suffit pour croire et comprendre que oui, c’est vrai. » (Ceci est mon corps, p 41)

1ère lecture : la Bonne Nouvelle se répand au-delà des frontières. Les Samaritains étaient considérés comme des hérétiques, infidèles à la tradition du Judaïsme. Or voilà qu’ils accueillent avec joie le message du Christ ressuscité. Et, au-delà des frontières, c’est l’Esprit qui unit les croyants dans leur diversité. L’épreuve et la dispersion deviennent chemins de la mission. Aujourd’hui, allons aux périphéries comme ne cesse de nous rappeler le Pape François.

2ème lecture : rendre compte de l’espérance qui est en nous. Me demander en quoi j’espère et ce que je ferais s’il fallait y être prêt aujourd’hui. Mettre des mots sur cette espérance.

Evangile : Aimer Jésus
Prenons le temps de donner corps à l’invitation d’aimer, de réfléchir à ce qu’aimer veut dire. Nous n’avons qu’un mot pour
désigner des réalités bien différentes. D’autres langues en ont plusieurs. Aimer Jésus, c’est aimer à sa manière. Voir ce qu’il fait, comment il entre en relation avec les personnes, quelles sont celles auxquelles, il est particulièrement attentif. Jésus met en œuvre les commandements. On ne peut les garder sans le service, l’amour désintéressé, gratuit du frère. Il suffit d’aimer. L’esprit qui nous habite est présence de Dieu au plus intime de nous-mêmes. Entrer dans la communion d’amour, celle du Fils avec le Père, celle des amis en Jésus, celle de Jésus en nous.
Méditer  l’ Evangile

 Goûter les mots, les paroles qui me touchent.

 Faire silence en moi-même pour les accueillir.

 Ecrire les deux ou trois mots ou paroles que j’aimerai garder
dans mon esprit et mon cœur.

 Les redire comme si je récitais un Mantra ou la prière du cœur.

 Rester dans la paix. Puis écrire une prière à partir des mots
retenus.

Méditation : Dimanche 10 Mai 2020

Quel bonheur pendant le temps de confinement de se savoir reliés les uns aux autres ! Frères et sœurs, nous voilà, encore une fois, séparés par la distance mais réunis dans le Christ ressuscité. Il nous est donné aujourd’hui dans la liturgie de nous arrêter et d’entendre ces mots de Jésus comme si c’était la première fois et de nous laisser animer par lui qui est « le chemin, la vérité et la vie ».
Voici quelques pistes pour aider à votre réflexion.
Paddy

Première lecture : Actes 6, 1-7 La jeune Eglise commence à s’organiser en désignant des personnes pour se mettre au service des pauvres et à résoudre les tensions. Les petites communautés marquées par la prière, le service de la Parole et des frères, vivent avec une grande confiance dans la puissance et la fécondité de la Parole.

Deuxième lecture : 1 Pierre 2, 4-9 Bien-aimés du Père comme le Christ nous aussi, nous sommes des pierres vivantes, consacrés par le baptême et rendus capables de construire le monde de Dieu.

Evangile : Jean 14, 1-12 « Croyez en moi, qui m’a vu a vu le Père ; je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »

Méditation:

Les disciples savent que Jésus va les quitter : « Mes amis, c’est pour peu de temps que je reste encore avec vous, et où je vais vous ne pouvez pas me suivre tout de suite, mais vous me suivrez plus tard ». Il est sur le point de départ d’un voyage mystérieux qui conduit « à la maison du Père ». Dans cet échange entre Jésus et ses amis, on peut ressentir leur inquiétude, leur désarroi. Certains d’entre eux ont des doutes, d’autres sont déçus comme ceux qui espéraient qu’il allait délivrer le peuple du joug romain. Mais non, il n’est pas comme ça, il propose une toute nouvelle manière de vivre, en relation intime avec Dieu et avec le monde. C’est pourquoi Jésus veut les rassurer : « Ne soyez donc pas bouleversés, croyez en Dieu et croyez en moi, Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Il part, mais il préparera une place pour ses amis dans la maison de son Père et il les emmènera auprès de lui. Ils doivent savoir le chemin à suivre, parce qu’il est luimême l’unique chemin, lui, leur ami de tous les jours. Pas question ici d’une distance à franchir. Ils le connaissent, ils sont ainsi capables de connaitre le Père. Pourtant, est-ce qu’ils connaissent Jésus ? Est-ce que je connais Jésus, vraiment ? La foi, une foi vivante qui cherche chaque jour à se renouveler et se nourrir, qui rend toujours possible cette connaissance. « Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi » : c’est la Parole vivante, envoyée par le Père, qui parle et agit ici. Parole sortie du Père pour rejoindre l’humanité et qui crée le lien entre nous et Dieu notre Père, nous qui écoutons et qui désirons vraiment croire. 

Faire « les œuvres du Père » dont parle l’évangile, c’est passer par ce chemin de Jésus, se laisser prendre par le même désir amoureux qui sort du cœur du Père, qui s’est manifesté en Galilée et en Jérusalem, et qui prend chair aujourd’hui au milieu de toutes nos divisions et toutes les fragilités humaines. C’est le chemin qui nous conduit les uns vers les autres. A côté de nos frères et sœurs, et en cheminant avec eux, laissons-nous prendre par l’Esprit et reconnaître la pertinence des mots de Jésus : « Celui qui croit en moi, accomplira les mêmes œuvres que moi ».

Prière

Il est bon de croire en toi, Jésus Ressuscité. Tu es le chemin qui conduit au Père, la Vérité qui nous rend libres, la Vie qui fait de nous des vivants. Il est bon de croire en toi et de bénir le Père qui fait de nous un peuple qui lui appartient, un peuple fragile mais infiniment aimé et sauvé par ta mort et résurrection. Il est bon de croire en toi, Jésus Ressuscité, et de dire ensemble la prière que tu nous as donnée : Notre Père…

INUTILE

(Réflexion à propos du confinement.)

Texte du Père Olivier Laurent intitulé Inutile, mis en voix par Christophe Parel et en vidéo par Bénédicte Parel. 

Méditation : Dimanche 3 Mai 2020

Durant ces sept semaines entre Pâques et Pentecôte, l’Eglise nous invite à revivifier notre foi au Christ vivant, à reconnaître plus intimement sa présence indicible dans nos vies et ce qu’elle produit en nous.
Nous n’avons pas fait l’expérience des premiers témoins, bien sûr. Mais pour être vivante et sans cesse en naissance, notre foi doit se retremper dans l’expérience qu’en ont faite les disciples. Et tenter d’éprouver de l’intérieur ce qui les a conduits à reconnaître le Ressuscité présent avec eux, entre eux, et sa puissance de vie. C’est ce que tentent de nous livrer les lectures égrenées au fil des dimanches.

Aujourd’hui, c’est avec « le bon pasteur ». Laissons-nous entraîner.

Bon dimanche ! Bernard Thomasset

Proposition

– Allumer une bougie, se recueillir quelques minutes : Dieu est là. – Lire les lectures du jour : Discours de Pierre (Actes 2,14a.36-41) – 1ère lettre de Pierre (2,20b-25) – Evangile de Jean (10,1-10). – Se demander : qu’est-ce qui me touche dans ces lectures ? – Puis lire la méditation et poursuivre, seul ou en partage : qu’est-ce que Dieu me dit ? – Rendre grâce, puis dire la prière du psaume ci-dessous et le Notre Père.

Prière de confiance : le psaume 22

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours

Méditation

Lorsque les disciples de Jésus, après sa résurrection, parlaient de leurs rencontres bouleversantes avec lui, les mots leur manquaient. Aujourd’hui, c’est l’image du « bon pasteur » qu’ils nous livrent : « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir… il marche à leur tête et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. » Qu’en dirions-nous nous-mêmes ?

Pour les Juifs qu’ils étaient, l’image annoncée par les prophètes du berger envoyé par Dieu pour prendre la tête d’une nouvelle libération prenait tout son sens : Jésus était bien ce bon pasteur. Ils se rappelaient : il avait manifesté aux foules et aux hommes perdus une telle sollicitude, il n’avait eu de cesse de les remettre debout, de les appeler chacun à la liberté et à la justice, de les réunir en frères, et il avait donné sa vie pour cela. Et maintenant ils le reconnaissent mystérieusement présent au milieu d’eux. Ils s’entendent appeler chacun par son nom : Marie, Thomas, Pierre… et il inonde leur cœur d’une paix immense. Ils réalisent à quel point ils sont aimés à travers lui du Père lui-même, enfants bien-aimés. Jésus ressuscité continue sa mission de berger et les entraîne dans l’amour du Père. Ne pouvons-nous reconnaître en Jésus notre berger aujourd’hui ? Dans sa présence à chacun de nous… dans la relation intime avec lui qu’il rend possible… dans le soin qu’il apporte à notre vie… dans sa vie encore donnée pour nous… dans l’appel à le suivre sur le chemin de la liberté et de l’amour… dans l’Eglise, dans notre communauté même, qu’il rassemble encore aujourd’hui… ?

Or voici qu’il nous appelle à sortir avec lui. Où cela ? Au monde bien sûr. Les apôtres ont compris que cette vie libérée et fraternelle qu’ils découvraient en sa présence n’était pas réservée à un petit troupeau, mais qu’elle était destinée à tous les hommes. Non, l’Eglise n’est pas faite pour être confinée. Le Christ nous appelle à partager son unique désir et son engagement : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, la vie en abondance ». Désormais, comme le dit un beau texte médiéval, c’est par nos yeux que le Christ voit la souffrance des hommes, par nos mains qu’il leur vient en aide, par nos pieds que le Christ rejoint les hommes dans leurs espérances et leur angoisses, par nos cœurs qu’il aime le monde présent, par nous seuls donc que l’évangile peut les rejoindre. Où les rencontrons-nous ces hommes et ces femmes, ces jeunes que Dieu aime tant et à qui il manque ?

Oui, elle naît de là comme aux premiers temps, l’Eglise d’aujourd’hui, notre petite communauté ici ; elle naît de cette expérience intime de la rencontre du Christ comme notre berger, nourris de sa Parole et son Pain, et du partage que nous en faisons. Elle naît aussi de notre engagement en plein monde aux côtés de tant d’hommes en solitude, en souffrance ou en révolte, appelée – c’est sa seule raison d’être – à partager la bonne nouvelle de la Résurrection. Puissions-nous retrouver, dans nos vies personnelles comme dans notre communauté toujours en devenir, la grâce des commencements ! 

Méditation : L'homme au Grand Coeur

 

Le 28 avril, l’Eglise fête l’un de ses apôtres des temps modernes : Pierre Chanel, mort martyr en 1841 dans la petite île de Futuna, en plein océan Pacifique. Il est le saint patron de l’Océanie. Pour nous, maristes, religieux, laïcs, sa figure de foi est un trésor. Elle nous inspire et nous encourage pour vivre notre part de la mission aujourd’hui. Je suis donc heureux de vous inviter à le fêter en ce temps de Pâques où le Christ ressuscité nous redit qu’il compte sur nous. Et bien sûr en y associant notre frère Bernard pour qui cette manière de vivre la mission était si nécessaire.

Je vous propose simplement de nous laisser toucher, en entrant dans une lecture paisible, attentive du parcours de la vie de Pierre Chanel.
Lisons-le, relisons-le une deuxième ou une troisième fois, en le « ruminant ». Essayons de ressentir ce qu’il a pu éprouver durant ses années de mission. Et demandons-nous ce qui nous rejoint dans notre vie, et à quoi nous sommes appelés.
La question : comment révéler l’amour de Dieu dans notre monde qui semble si loin de le connaître ? 

1831. Pierre Chanel, 28 ans, prêtre depuis 4 ans, vient de rejoindre les Maristes. C’est ainsi qu’on appelle les membres de cette petite communauté naissante. Avec eux, il croit que Marie, la mère de Jésus, les appelle à renouveler l’Eglise en vivant « à sa manière ». L’évêque l’a nommé au collège de Belley. Il est au milieu des jeunes, professeur de 6°, directeur spirituel, puis adjoint du supérieur, le père Colin. Les temps sont troublés, les jeunes en grande effervescence. Il sera aimé d’eux comme des professeurs pour sa gaîté, sa douceur, sa bonté. Cinq ans durant.

1836. Les Maristes, enfin reconnus par le pape, se voient confier l’évangélisation de l’Océanie. Depuis longtemps, Pierre rêvait d’une telle mission. Il se porte volontaire et part avec la première équipe. Débarqué à Futuna avec le frère Marie-Nizier, il est bien accueilli par le roi. Mais les conditions de vie sont rudes : la nourriture, le climat, les insectes, la solitude… Il vit au milieu des habitants, apprend leur langue, visite les gens, soigne les malades et les blessés, participe aux fêtes. Il prie tôt le matin en discrétion, dit l’office et célèbre la messe avec le frère. Peu à peu sa bonté est remarquée dans ses visites et ses rencontres. Les habitants de l’île l’appellent « l’homme au grand cœur ».

Pierre a très vite parlé la langue de tous les jours. Mais ce qui lui est difficile et à quoi il attache tout son soin, c’est de trouver les mots pour dire Dieu, la foi, la résurrection, l’amour… Il fait des traductions, écrit des prières, fait des rudiments de catéchisme. Il baptise quelques enfants mourants, quelques vieillards, mais avec la peur que s’il y a décès, on lui attribue la mort du baptisé. Quelques jeunes dont le fils du roi commencent à s’intéresser à ce qu’il leur propose.
Pierre tente aussi de lutter contre les superstitions et l’anthropophagie. Et il fait tout pour empêcher les tueries entre les deux tribus rivales : en 18 mois, il permet aux deux royaumes de faire la paix. Mais il est incompris et il dérange. Le roi, puis les chefs, trouvent qu’il prend de plus en plus de place dans l’île. Un jour il trouve sa case déménagée, un autre on ne lui apporte plus la nourriture, il cultive mais on le vole. Il se rend compte qu’il gêne. Il se demande si son œuvre n’est pas vouée à l’échec, pense qu’il a peut-être trop rêvé, que les « naturels » n’attendaient pas la bonne nouvelle. Il offre son isolement, ses souffrances physiques et morales, et sa vie même si cela est nécessaire, pour la conversion des habitants de l’île.

1841. Le roi décide d’en finir avec cette religion qui se met en travers de son pouvoir. Pierre tombe au cours d’une attaque dirigée contre lui. Ses derniers mots : « Malie fuai », c’est bien tout de même. Il a 38 ans. Trois ans plus tard, le roi puis tous les habitants de l’île demandent le baptême, y compris ses assassins qui demandent pardon.
Un mot de sa relation à Marie : vitale. Marie est avant tout pour lui une présence. S’il la prie dans les formes communes de l’Eglise, surtout il converse avec elle, lui confie ses difficultés, ses besoins, sûr qu’elle l’assistera auprès de son Fils. Et il lui demande conseil, car il s’agit d’ « être comme elle ».
Sa devise : « Aimer Marie et la faire aimer ». Le ressort de sa vie réside là.


Père Bernard Thomasset.

« Saint Pierre Chanel, mariste, tu as voulu aimer et suivre Jésus avec Marie et comme elle.

Conduit par l’Esprit Saint, tu as quitté ton pays, pour annoncer aux peuples d’Océanie Jésus, le Sauveur du monde.

Tu as rejoint les habitants de Futuna, apprenant leur langue, les soignant, priant pour eux, cherchant à bâtir la paix. Toi, « l’homme au grand cœur », tu as été le témoin de l’Amour de Dieu jusqu’au don de ta vie.

Accorde-nous de vivre notre métier d’homme, nos engagements, notre vie de famille, de communauté avec la même générosité que toi.

Que ton exemple suscite au milieu de nous de nombreux ouvriers de l’Evangile inspirés par Marie pour que l’Amour de Dieu rejoigne tous les hommes. »

Méditation : Dimanche 26 avril 2020 - Les compagnons d'Emmaus

Jésus, notre compagnon de route. Evangile d’Emmaüs, Lc 24,13-35
Nous laisser rejoindre par le compagnon d’Emmaüs. Il nous écoute et libère en nous la parole. Il accueille nos peurs, nos découragements, nos incertitudes, nos illusions perdues et nos rêves envolés. Il éclaire le sens de nos vies à la lumière des Ecritures. Il vient réchauffer nos cœurs endoloris. Il fait le chemin avec nous, marchant à notre rythme. Il réveille en nous l’espérance et nous libère de nos aveuglements. Il s’assied à notre table et nous partage le pain, au soir d’une journée sans soleil. Et nos yeux s’ouvrent. Nous le reconnaissons. Sa présence nous redonne vie et joie. Les forces nous reviennent pour reprendre la route vers la Ville et y devenir témoins. Il est Vivant.

Quelques points pour aider, si besoin.

Appliquer nos sens : Ignace recommande de ne pas se transformer en théologien et d’éviter de formuler des grandes pensées mais de « sentir et goûter » de « voir et d’entendre ». Le Père J.C Colin, notre fondateur, disait : « Quand un novice a goûté Dieu, il y reviendra toujours ».

Jésus le compagnon : le compagnon, c’est celui qui fait route avec nous et celui qui partage notre pain. Les signes de reconnaissance de ce compagnon visible et invisible: La Parole et le pain. Nouvelle présence : en tous lieux et tous temps.

Vivre les yeux ouverts : consentir au réel et discerner les signes des temps. Abandonner les illusions et les fausses sécurités du passé.
Reprendre la route : pour annoncer aux frères l’inouï, la brûlure du cœur et oser l’avenir.

Une intention de prière : nos frères musulmans qui ont commencé le Ramadan.

Extrait d’un entretien avec Wadji Mouawad, artiste libanais, chrétien, animateur du Théâtre de la Colline à Paris.
Il met en ligne chaque jour un « Journal du confinement » :
« Je crois en Dieu. Je ne suis pas dogmatique. Je crois que Dieu a surtout envie que je me préoccupe de ma vie et non de lui. Cela relève d’une très grande confiance. Ce qui m’est le plus cher, c’est de vivre cette vie, avec les valeurs qui me semblent les plus grandes : le don, la générosité, l’amour, la capacité de se dépasser et de se détacher en même temps. Et de conjuguer cette vie avec un verbe que l’on aime. Pour moi, ce verbe est ‘créer’… Le chemin le plus long que nous puissions faire est, je crois, celui du regard intérieur. » 

Entrer en méditation

S’installer : plutôt sur une chaise que sur le canapé… Pour tenir au moins 30 minutes dans le silence, et le partage si d’autres personnes sont à nos côtés. Se munir d’une écritoire et de papier blanc.

Disposer sur une table : la Bible ouverte (Evangile de Luc, 24,13-35).Un luminaire, une fleur, une icône ou la représentation d’Arcabas sur le repas d’Emmaüs).

Commencer par une salutation : « Me voici Seigneur, que ton Esprit Saint éclaire mon cœur, mon esprit, mon intelligence. Fais que je retrouve la joie et l’élan des témoins de la Vie Nouvelle. »

Lire l’Evangile d’Emmaüs : lentement et me représenter la scène. Voir et entendre Jésus, les deux disciples, le chemin, le repas.

Puis faire silence : 2 ou 3 minutes.

Et relire le texte.

Ensuite, noter ou dire (si vous êtes plusieurs) une parole, un mot du texte qui vous touche particulièrement. Les accueillir en silence.

Puis écrire ou dire pourquoi cette parole, ce mot me touchent, ce qu’elles font résonner en moi. Et l’accueillir comme une parole que le Seigneur m’adresse personnellement.

Après un nouveau temps d’intériorisation, dire ou écrire avec les mots du texte et ce qu’ils ont suscité en moi, une prière et la prononcer à voix haute. Laisser cette prière jaillir de mon cœur.

Dire le Notre Père.

Chanter si je peux : « Jésus qui m’a brûlé le cœur au carrefour des Ecritures… » d’Akepsimas 

Merci, Seigneur.

Le diocèse de Fréjus – Toulon  propose un parcours digital pour traverser au quotidien la crise de Covid-19 dans la Paix.
Vous y trouverez chaque jour une nouvelle vidéo inspirante.

Méditation : Dimanche 19 avril 2020 - La paix soit avec vous !

Shalom à tous/toutes nos amis !
La joie de la résurrection du Christ nous rassemble en ce 2ème  dimanche de Pâques autour de la Parole, et notre communauté mariste vous rejoint en communion de cœur. Je vous propose quelques pistes pour aider à la réflexion sur la Parole et, ensuite, une brève méditation. 

Première lecture : Actes 2, 42-47
Pour vivre dans la fidélité au Christ ressuscité, les premiers chrétiens restaient assidus à la prière commune et à la charité fraternelle.

Deuxième lecture : 1 Pierre 1, 3-9
Message d’encouragement à tenir bon dans la foi puisque la résurrection du Christ nous fait renaître et nous remplit d’espérance.

Evangile : Jean 20, 19-31
En présence du Ressuscité : la paix, réconciliation, soulagement, confiance, envoi en mission

Méditation
La scène : la communauté des disciples enfermée (confinée !) dans une maison « par crainte des Juifs », profondément secoués par les événements de la semaine précédente et l’incertitude à l’égard de leur avenir, peut-être honteux aussi de leur peur et de leur infidélité pendant la Passion.
Cependant, ils étaient là, rassemblés en ce premier jour de la semaine, en mémoire du repas inoubliable avec Jésus, et malgré leur doute et leur peur, ils voulaient se rencontrer, rester en communion et garder les liens fraternels.
Et, soudain, le Christ est là au milieu d’eux.
La scène se répète deux fois. Extérieurement rien de prodigieux, mais intérieurement tout change.
Jésus s’adresse à ses amis : « Shalom, la paix soit avec vous ! », et il leur montre les marques de ses plaies.
Thomas ne doute plus et au lieu de toucher les blessures, il se laisse toucher lui-même à l’intérieur : « Mon Seigneur et mon Dieu » ! Le souffle de l’Esprit touche le cœur de chaque disciple : soulagement, pardon, amour.
Ils passent instantanément de la peur à la joie. Ils se savent libérés, recréés, baignés dans la tendresse infinie du Seigneur.
« Recevez l’Esprit Saint » : Jésus ne fait aucune allusion aux infidélités, au contraire il met sa confiance en ses amis et leur confie la mission d’aller en mission de réconciliation à leur tour.
N’est-ce pas le même Esprit qui éveille en nous tous le désir de rester en communion et de garder les liens fraternels, le désir d’entendre la Parole de Dieu et de la mettre en pratique, de célébrer ensemble le « repas du Seigneur », source de notre communion des cœurs, et d’en trouver la force nécessaire pour la vie ?
La Parole résonne : « Vois mes plaies, avance ta main et mets-la ici ». Moment décisif pour les disciples et pour tout chrétien dans le parcours de foi lorsqu’ils reconnaissent le Christ ressuscité et présent dans les blessures de leurs frères et sœurs, aussi bien que dans les épreuves qui font partie de la vie. Les blessures restent visibles dans le nouveau corps que nous formons : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Quoi qu’il arrive, dit Saint Pierre (2ème lecture), nous pouvons tenir bon dans cette foi « puisque la résurrection du Christ nous fait renaître et nous remplit d’espérance ».


Prière
Dieu des vivants, toi qui bénis toute vie, nous étions morts mais dans ton grand amour, tu nous as fait renaître avec le Christ ! L’Esprit nous rassemble et voici que le Ressuscité vient au milieu de nous. Il nous offre sa paix. Accorde-nous de croire en lui sans avoir vu et de le reconnaître dans les blessures et les besoins de nos frères et sœurs, tous ceux qui te cherchent et qui ont soif de ta miséricorde.
Amen.

Méditation de Pâques - 12 Avril 2020

Pâques

Christ est ressuscité, alléluia ! Ô toi qui dors, éveille-toi, d’entre les morts relève-toi, Et le Christ t’illuminera.

Dans la presse et les médias, ces derniers jours, on ne parle que de l’épidémie de Covid-19 et le Directeur de la Santé nous fait chaque soir un décompte des morts emportés par le virus. Mais au-delà de ces informations statistiques, rares sont les interrogations sur la mort et le sens de la vie, encore moins sur la foi en la résurrection et sur sa possibilité. Nos esprits positivistes s’interrogent : comment cela est-il possible ? N’est-il pas plus simple de parler de réincarnation ?
Certes, cela fait plus mode, plus exotique, Mais dans les deux cas, le sens et le pourquoi sont oubliés, perdus. Comme si nous étions résignés devant le mal, la souffrance et la mort.

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie , et la vie en abondance »

Au cœur du message de Jésus, il y a l’annonce d’un salut et que ce monde n’est pas, à jamais, enfermé dans une nuit sans lune. Car Dieu qui nous a donné la vie veut nous faire partager la sienne.
Toujours.
Pour toujours.

En allant jusqu’au bout de l’amour pour nous arracher à l’emprise du mal, le Christ ressuscité nous ouvre à un avenir et, par le don total de sa vie, il nous délivre de l’emprise de la violence. Célébrer aujourd’hui la Pâque, c’est faire mémoire de ce que Jésus a fait pour nous et pour tous les hommes et, ayant reçu son Esprit, continuer aujourd’hui ce qu’il a commencé.

Nous devons lutter contre la violence aveugle qui crucifie une partie de l’humanité. Nous devons lutter contre ceux qui utilisent la violence pour se maintenir au pouvoir et amasser des richesses en oubliant les pauvres. Nous devons lutter contre ceux qui instrumentalisent Dieu et qui tuent en son nom en croyant qu’ils sont les seuls détenteurs de la vérité.

Car Dieu est pour tous, en tous, présent au plus intime de nous-mêmes. Car Dieu est amour. Car Dieu est la Vie. Et Dieu désire que tous les hommes soient des Vivants. Il offre à chacun une vie Vivante, dans la dignité. C’est pour cela qu’il est venu et qu’en son Fils, il nous a ouvert un Avenir. Car l’amour a triomphé de la mort et le pardon a subverti la violence.
Oui, ô toi qui dors, éveille-toi !
D’entre les morts relève-toi !

Vivons en enfants de lumière ! La Pâque est une traversée. De la nuit à la lumière. De la souffrance et de la mort vers la Vie. Quand nous fêtons le Christ ressuscité, il ne s’agit pas de rester le nez en l’air à regarder Jésus s’élever dans les cieux, il s’agit pour nous de Vivre, aujourd’hui, debout, en hommes et femmes de résurrection.

Etre des vivants parce que la lumière du Christ a éclairé nos ténèbres.

Etre des vivants parce que le Christ, en donnant sa vie et en nous aimant jusqu’à l’extrême, nous a appris à aimer et à donner notre vie, comme lui.

Etre des vivants parce que le Christ nous a relevés et arrachés à l’emprise du mal. Il nous a rétablis dans notre dignité ; il nous a donné la force de porter nos fardeaux, de consentir à nos faiblesses, nos limites. Il nous a délivrés de nos peurs et appris à nous aimer nous-mêmes. Il a fait de nous des pèlerins de la fraternité.
Etre des vivants, hommes et femmes de liberté, capables d’ouvrir des chemins nouveaux à contre-courant des idéologies néolibérales et consuméristes, ces bonheurs de pacotille qu’elles font désirer à tous et qui sont si souvent les moteurs d’injustices si grandes qu’elles en arrivent à dresser des murs, et à engendrer des conflits sans fin dans la famille humaine.

Être des vivants pour prendre soin de notre maison commune, la Terre. Pour inventer de nouveaux modes de vie ; promouvoir la justice et travailler au partage des richesses en faisant un bon usage de celles qui sont les plus précieuses et les plus rares.

Être des vivants en faisant route avec les oubliés, les égarés, les blessés de la vie et tous nos frères et sœurs malades. Comme le Christ, tendre nos bras, ouvrir nos mains et nos cœurs. Comme le Christ, ne pas les condamner mais les guérir de ce qui les défigure et les séparent de leurs frères et sœurs.

Ô toi qui dors, éveille-toi ! Laisse-toi illuminer par le Christ !

Il est venu t’apprendre à aimer. Il est venu te remettre debout. Il est venu t’appeler à devenir témoin, Témoin de son amour, Un amour sans limites. Lui qui nous a donné sa vie Pour que nous partagions la sienne.
Vivons en ressuscités !
Le mal et la mort n’ont pas le dernier mot Car la puissance de l’amour sans mesure de Dieu les a vaincus. Il suffit d’aimer.

Olivier

Méditation du Samedi Saint - 11 Avril 2020

Méditation du Vendredi Saint - 10 Avril 2020

Le Dieu crucifié

Sous mes yeux,
Le Crucifié.
Un artiste congolais me fait entrer dans le mystère
D’un Dieu qui meurt d’aimer.
Pendu aux bras de la croix,
Le visage incliné dans un ultime abandon, Il rend l’Esprit, la vie reçue du Père :
« Tout est accompli ».
Sous mes yeux,
Le Crucifié.
Nu, dépouillé, supplicié.
Sa souffrance me réduit au silence,
Aux larmes.
Pourquoi ? Pourquoi ?
« Voici l’Homme ».
Pourquoi l’avoir humilié,
Cloué sur une croix de bandit ?
Pourquoi ce complot ? Ces cris ?
« A mort, à mort, crucifie-le ! »
Nous n’avons pas voulu le reconnaître,
Lui, le Dieu qui sauve, Jésus.
Le Dieu qui nous appelle à vivre :
« Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et la vie en abondance ».
Nous avons préféré enfermer Dieu dans le ciel.
Et nous avons donné carte blanche au Prince de ce monde,
le diviseur, le promoteur du désordre établi,
le semeur de violence.
Sous mes yeux,
Le Crucifié.
C’est Dieu qui meurt d’aimer.
Oui, aimer, c’est tout donner.
L’amour seul peut traverser la mort.
L’abandon à la terre rend féconde la graine.
Le feu d’amour ardent traverse la nuit.
En ces temps où des frères, des sœurs en humanité expirent,
Rendent l’Esprit dans la solitude des hôpitaux,
En ces temps où tant d’hommes et de femmes donnent leur vie Sans réserve pour en soigner d’autres,
En ces temps où nous ne maîtrisons plus rien
Et où nous n’osons penser à demain,
Contempler le Crucifié Qui donne sa vie, jusqu’à l’extrême,
« Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »
Olivier

Méditation du Jeudi Saint - 9 Avril 2020

Pour une célébration à la maison On aménagera le lieu : une croix, une image, quelques fleurs, une bougie allumée… 

Prendre un temps de recueillement : se rendre présent à Dieu. Puis ouvrir la prière : Dieu, Père plein de tendresse, nous faisons mémoire, ce soir, du repas très saint où Jésus ton Fils nous livra les gestes du plus grand amour. Ouvre nos vies à cette joie, prépare nos cœurs à l’action de grâce et fais que nous recevions de toi la charité et la vie, unis à Jésus, ton Fils, notre Seigneur.

Lire les lectures du jour         

– la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens : Jésus partage son corps et son sang (11, 23-26)
– puis l’évangile de Jean : Jésus lave les pieds de ses disciples (13,1-15)


Lire la méditation

On se prépare à célébrer la grande fête de la Pâque où on bénira Dieu pour la libération de l’esclavage d’Egypte jadis avec Moïse, et pour celle qu’il veut continuer aujourd’hui. Jésus sait qu’il va mourir, il s’est trop compromis. Il réunit ses disciples, l’avant-veille du grand jour, pour le repas pascal. Ce sera une longue et intense soirée. Il parle longuement avec eux de ce qu’il porte au cœur : le sens de sa vie, sa confiance en son Père, son amitié pour les siens, l’appel à prendre le relais, sa confiance malgré la mort prochaine, l’assurance de sa présence avec eux, ses ultimes recommandations… il prie aussi pour eux.


Puis, après avoir béni Dieu pour tous ses dons, il conclut par ces mots et ces gestes inoubliables : « Prenez, mangez… c’est mon corps, c’est mon sang livrés pour vous, pour la multitude… » 

 

Comprenons bien ce que nous dit Jésus : mangez-moi, buvez-moi, communiez à ma vie, que ce qui m’anime vous anime, que mon amour devienne le vôtre pour la vie de tous…

Contemplons, laissons-nous atteindre…

Jean, dans l’évangile qu’on lit ce jeudi saint, ne parle pas du repas mais relate un autre moment de cette soirée, aussi décisif pour lui : Jésus lave les pieds de ses disciples. Pierre n’en revient pas : lui, le Maître et Seigneur, s’abaisser ainsi ? Oui, c’est ainsi que Jésus les considère : il s’abaisse plus bas qu’eux et les sert. Immense dignité de l’homme pour lui, devant qui il s’incline, qu’il honore et veut servir, pour qui il donne sa vie. Il voit notre grandeur originelle, notre beauté, même blessée, que nous défigurons tant, enfouie et qui s’ignore elle même. Il croit en nous plus que nous. Et il lave nos pieds et les essuie.

 

N’est-ce pas tout l’évangile : Jésus qui guérit, délivre, relève, nourrit, redonne vie… Bouleversant : Dieu le Très Haut – car c’est bien de lui qu’il s’agit – se fait très-bas, espère en nous et se met humblement à notre service pour que nous soyons des hommes debout, libres, restaurés dans notre dignité, vivants.

Laissons-nous regarder ainsi, espérer… 

Entendons aussi que Jésus nous lègue cela. En se mettant à genoux devant nous, il nous implore de nous mettre à notre tour à genoux devant nos frères humains, de les considérer avec le même regard d’espérance et de foi dans le possible qui est en eux, de nous faire à notre tour leurs serviteurs. Ainsi lorsque nous communions au corps et au sang du Christ, nous sommes convoqués à devenir serviteurs de leur vie, de leur dignité. Oui, c’est à travers nous que le Christ ne cesse de dire aujourd’hui : « Ceci est mon corps livré, mon sang versé… »

Je pense à ces hommes et femmes qui parcourent les rues de nos villes la nuit pour porter secours aux sans-abris ou qui visitent les détenus, à ces médecins, ces infirmières, ces aides-soignants qui pratiquent leur métier comme un engagement de service, à ces enseignants qui ne comptent pas leur peine pour permettre à des jeunes de s’en sortir dans la vie, à ces parents qui continuent d’espérer en leurs enfants, à ceux qui consacrent leur temps, leurs forces pour trouver des solutions de paix dans les conflits du monde…
A travers eux, Dieu continue de se mettre à genoux…

Elle est là, la véritable Eglise du Christ, faite de témoins obscurs d’un amour infiniment présent qui donnent leur vie pour leurs frères, dans la passion souvent… Etre de ceux-là, là où nous sommes, dans les relations qui sont les nôtres, à commencer par les plus proches, nous faire serviteurs, témoins de ce Seigneur qui se fait serviteur, se met à genoux, lave les blessures, essuie les fautes et remet debout.

Oui, être de ceux-là.

Ecouter le chant « Comme lui » :

R  Comme lui, savoir dresser la table Comme lui, nouer le tablier Se lever chaque jour Et servir par amour Comme lui 1 Offrir le pain de sa Parole Aux gens qui ont faim de bonheur Être pour eux des signes du Royaume Au milieu de notre monde

1 Offrir le pain de sa Parole. Aux gens qui ont faim de bonheur
Être pour eux des signes du Royaume. Au milieu de notre monde

2 Offrir le pain de sa présence. Aux gens qui ont faim d’être aimés.
 Être pour eux des signes d’espérance. Au milieu de notre monde.

3 Offrir le pain de sa promesse. Aux gens qui ont faim d’avenir.
Être pour eux des signes de tendresse. Au milieu de notre monde.

Ouvrir sa prière pour le monde aujourd’hui :
Nous te prions, Père, pour ce monde, pour tous ceux qui cherchent à l’humaniser par la santé, l’engagement écologique, l’action politique, la recherche scientifique, la beauté… et pour tant d’hommes et de femmes dont l’engagement quotidien construit la vie.
Nous te prions pour tous ceux qui, discrètement et avec constance, tissent du lien social dans les associations, les hôpitaux et les maisons de retraites, auprès des jeunes et des anciens.  Aide-nous, chaque jour, à poser avec eux des gestes de partage et de fraternité.
Nous te prions pour tous ceux qui souffrent, ceux qui ne sont pas aimés, les oubliés, les méprisés, les exilés, les désespérés, et pour tous ceux qui, à leurs côtés, cherchent à leur manifester encouragement, soutien et amitié.
Nous te prions pour notre Eglise et pour toutes les Eglises, pour leur ouverture aux hommes de ce temps, leur accueil des petits et des pauvres, la fraternité dans leurs communautés, la recherche de plus grande unité. 

Dire le Notre Père

Terminer, et chanter, avec la communauté de Taizé : « Ubi caritas » 

Ubi caritas et amor, ubi caritas, Deus ibi est
Où est l’amour et la charité, Dieu est là

Père Bernard Thomasset, célébration du jeudi saint , le 9 Avril 2020

Vivre un moment de veille avec le Christ

Pendant le temps qu’on souhaitera, devant la croix et la bougie allumée, on pourra : 

regarder une image : Pierre accepte que Jésus lui lave les pieds. Qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je ressens ?

écouter Jésus dans son dernier entretien avec ses disciples, en Jean ch. 13, 31 à ch 17, 26.

Lire lentement, laisser monter sa prière

Jean ch. 13,31
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi.
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois.

chapitre 14: https://www.aelf.org/bible/Jn/14
chapitre 15 : https://www.aelf.org/bible/Jn/15
chapitre 16 : https://www.aelf.org/bible/Jn/16

Jean ch. 17
Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.

Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.

Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.

Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.

Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.

Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

 – accueillir une vidéo : La bonne nouvelle   

Médiation proposée par Bernard Thomasset.

Texte du Père Olivier - 22 Mars 2020

Silence…


Désencombrer la source.
Me désaltérer de l’eau fraîche et limpide.
Laisser de l’espace, du vide pour qu’y entre la lumière,
Et qu’elle éclaire mes profondeurs.
Accueillir ce qui vient des racines
Et qui a nourri ma vie.
Dans ce silence éclairé,
Laisser me rejoindre le doux murmure de la Parole,
De la Parole de vie, de la Parole à vivre,
La voix du Dieu d’amour.
Entendre les cris de ceux qui appellent au jour et qui demandent l’amour.
S’unir au chœur des frères et des sœurs.
Voir la clarté, les ombres et les lumières,
La beauté des premiers matins du monde
Et les plaies béantes, les atroces blessures de nos combats sans merci
Et de nos pillages insensés.
Attendre…
Dans la patience, sans rien pouvoir saisir de ce que sera demain.
Rester ouvert, là,
Dans la présence et disponible.
Méditation du 22 Mars 2020,
Olivier